Les sécheresses, les inondations et l’irrégularité des pluies illustrent déjà les effets des changements climatiques sur l’agriculture, les ressources en eau, la production d’énergie, les écosystèmes et les infrastructures.
Face à ces défis, le Togo intensifie la mise en œuvre de sa stratégie nationale visant à renforcer sa résilience tout en favorisant un développement à faible émission de carbone.
Pour ce faire, le gouvernement s’appuie sur plusieurs instruments de planification, notamment la Contribution déterminée au niveau national (CDN), la Stratégie de développement résilient aux changements climatiques, la Feuille de route gouvernementale ainsi que des politiques sectorielles intégrant les enjeux climatiques.
L’objectif est de faire de la lutte contre les changements climatiques un levier de croissance, de sécurité alimentaire et d’amélioration des conditions de vie des populations.
Cette ambition du gouvernement s’est traduite par des avancées majeures enregistrées ces deux dernières années. En avril 2025, le Togo a promulgué sa première loi sur la lutte contre les changements climatiques.
Un an plus tard, le Plan national d’adaptation a été actualisé afin de mieux anticiper les impacts du dérèglement climatique, renforcer la résilience des communautés et mobiliser davantage de financements internationaux. En mai 2026, le pays a également validé sa troisième génération de Contributions déterminées au niveau national (CDN 3.0), avec des objectifs fixés jusqu’en 2035.
La budgétisation verte est l’autre innovation qui est désormais généralisée à l’ensemble des ministères. Depuis l’année 2026, chaque dépense publique est analysée en fonction de son impact sur l’environnement, une approche destinée à mieux intégrer les préoccupations climatiques dans les politiques publiques.
Sur le terrain, plusieurs initiatives illustrent cette dynamique notamment le Programme national de reboisement, lancé en 2021, qui prévoit la plantation d’un milliard d’arbres d’ici 2030 afin de porter le couvert forestier à 26 %. Le Togo s’est également engagé à restaurer 1,4 million d’hectares de terres dégradées dans le cadre de l’initiative AFR100.
Pour améliorer l’anticipation des risques, une Cellule nationale de veille climatique a été créée en octobre 2025.
Selon son responsable, Dr Edou Komla, cette structure renforce les capacités nationales à prévenir les risques, protéger les populations et les écosystèmes, tout en orientant les politiques publiques vers un développement résilient et sobre en carbone.
Elle assure notamment la coordination des données climatiques, le suivi des engagements internationaux et travaille en étroite collaboration avec les principaux acteurs nationaux de la météorologie et de la protection civile.
Parallèlement, le projet Waca Resip-Togo poursuit la construction d’ouvrages de protection contre l’érosion côtière et la montée du niveau de la mer, tandis que le Projet Qualité de l’Air contribue à réduire la pollution atmosphérique dans les principaux centres urbains.
Au regard de ces réformes et ces investissements, le Togo confirme sa volonté de faire du changement climatique un enjeu central de son développement durable, en misant sur la protection des populations, la préservation des ressources naturelles et la résilience des territoires. FIN
Bernadette AYIBE





