La filière cotonnière togolaise enregistre une performance historique : pour la campagne 2025-2026, le rendement moyen atteint 995 kilogrammes à l’hectare, un niveau inédit qui rapproche le secteur du seuil symbolique d’une tonne/ha, contre 797 kilos lors de la saison précédente (hausse de 25%).
C’est la meilleure performance de l’histoire de la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT), un « rendement historique jamais atteint » depuis sa création en 2009.
L’annonce a été faite ce mercredi 15 avril 2026 par le Directeur général de ladite société devant des journalistes, en marge de la 18ème réunion bilan du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA) qui se tient à Lomé.
Cette performance place le coton togolais sur une trajectoire de compétitivité accrue au niveau régional et continental, à l’heure où la filière africaine cherche à renforcer sa place sur les marchés internationaux.
« La campagne cotonnière 2025-2026 se déroule bien. Nous atteignons un rendement de 995 kilos à l’hectare, un record depuis la création de la NSCT. Nous nous rapprochons de la tonne à l’hectare, ce qui marque une évolution très positive pour la filière », a déclaré Martin Drevon (Directeur Général de la NSCT).
« Ce résultat est le fruit d’un travail collectif : celui de nos producteurs, de nos agents de terrain et de nos équipes techniques. Il prouve que quand les conditions sont réunies – intrants disponibles, encadrement de qualité, producteurs mobilisés – le coton togolais peut rivaliser avec les meilleures filières du continent », a-t-il précisé.
Au-delà des chiffres de production globale – avec 74.000 tonnes de coton-graine attendues contre 60.000 tonnes la campagne précédente – c’est bien l’évolution du rendement à l’hectare qui constitue le véritable indicateur de progrès structurel pour la NSCT.
Trois leviers principaux
Trois leviers principaux expliquent ce résultat historique : (1) L’engagement accru des producteurs : une mobilisation renforcée des cotonculteurs togolais, traduite par une meilleure adoption des bonnes pratiques agricoles, (2) l’organisation du terrain : un encadrement rapproché et structuré des zones de production, avec un suivi rigoureux des parcelles (3) et l’amélioration de la politique des intrants : une disponibilité accrue et de meilleure qualité des semences et des engrais, distribuée en temps utile aux producteurs.

Au cœur de cette réussite, les 68.176 cotonculteurs mobilisés à travers le pays. Leur engagement accru et leur respect des itinéraires techniques ont joué un rôle déterminant.
« Les producteurs togolais ont montré leur capacité à performer. Ce rendement record est une fierté pour toute notre organisation. Il nous encourage à poursuivre nos efforts et à viser encore plus haut pour les campagnes à venir », a souligné Koussouwè Kouroufei, président du Conseil d’Administration de la Fédération nationale des groupements des producteurs de coton du Togo (FNGPC).
« Quand le producteur est rassuré que sa production va lui apporter quelque chose, il libère toutes ses énergies. Sur 15 hectares, j’ai récolté plus de 37 tonnes, soit environ 2,5 tonnes à l’hectare. Je n’avais jamais atteint ce niveau auparavant », a-t-il témoigné.
Sur le plan technique, le travail a été fait sur tous les maillons de la chaîne : la qualité des semences, le respect du calendrier cultural, la bonne application des traitements phytosanitaires.
« La convergence de tous ces facteurs explique le saut de rendement que nous observons durant cette campagne », a relevé Sitsofé Yovogan, Directeur de la production agricole à la NSCT.
Ces résultats reposent également sur des mesures structurantes comme le maintien du prix du coton à 300 F.CFA/kg, la subvention des intrants à 14.000 F.CFA le sac et l’amélioration de la qualité des semences et des traitements phytosanitaires.
Fort de ce résultat, la NSCT entend consolider les acquis de cette campagne et viser des niveaux de rendement encore plus élevés pour les prochaines saisons.
Rappelons que le coton est l’une des principales cultures d’exportation du Togo. La filière fait vivre plusieurs centaines de milliers de ménages ruraux. FIN
Bernadette AYIBE





