Agriculture : L’Afrique de l’ouest face au cri d’alarme pour rééquilibrer villes et campagnes

Pilier de la sécurité alimentaire et moteur économique, l’agriculture ouest-africaine est aujourd’hui à la croisée des chemins.

 

Si les difficultés liées au financement, à l’accès à l’eau ou encore aux effets du changement climatique persistent, un défi plus profond s’impose désormais : le déséquilibre croissant entre les zones urbaines et rurales.

 

Pour Kélilou Sylla, commissaire aux affaires économiques et à l’agriculture de la CEDEAO, l’heure est venue de repenser le modèle.

 

« Pendant longtemps, l’agriculture a nourri nos pays. Aujourd’hui, il faut que le monde urbain soutienne davantage le monde rural », insiste-t-il.

 

Un rééquilibrage devenu urgent, alors que la région devra produire au moins 50 % de denrées supplémentaires d’ici 2050 pour faire face à une population en forte croissance. À titre d’exemple, le Nigeria pourrait à lui seul atteindre près de 400 millions d’habitants.

 

Mais au-delà de la production, l’agriculture est aussi un levier de stabilité. Dans les zones fragiles, notamment au nord des pays côtiers et dans le Sahel, l’absence de politiques adaptées pour certaines cultures comme le niébé ou le millet alimente le désengagement des jeunes. Faute d’opportunités, certains se tournent vers d’autres activités, parfois sources de tensions.

 

« L’agriculture peut contribuer à prévenir les conflits, mais elle peut aussi les aggraver si les besoins des populations rurales ne sont pas pris en compte », prévient Kélilou Sylla.

 

« Autre point de friction : le marché régional. La fermeture des frontières en période de hausse des prix fragilise les échanges et pénalise en premier lieu les jeunes et les femmes, principaux acteurs du commerce agricole. Pour la CEDEAO, la solution est claire : renforcer l’intégration régionale plutôt que céder au repli », a-t-il souligné.

 

Face à ces défis multiples, un consensus se dégage : il est urgent d’ouvrir un dialogue inclusif pour repenser le financement de l’agriculture, soutenir les territoires ruraux et bâtir un marché régional plus solide. À défaut, c’est tout l’équilibre économique et social de la région qui pourrait vaciller. FIN

 

Bernadette AYIBE

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