Les producteurs des ZAAP d’Anyron et d’Akodesséwa, rejoints par ceux de Gamé, ont vécu du 7 au 8 avril 2026 une étape décisive avec le paiement des indemnisations aux sinistrés, dans le cadre de l’assurance agricole.
Une opération conduite par l’Agence de transformation agricole (ATA), en partenariat avec LORICA Assurance, pour renforcer la résilience face aux aléas climatiques.
Pendant deux jours, équipes techniques, assureurs et agriculteurs se sont mobilisés pour garantir un processus d’indemnisation transparent et sécurisé, porteur d’espoir à l’orée de la nouvelle campagne agricole.
Dans un contexte marqué par des sécheresses prolongées et des inondations soudaines, produire devient de plus en plus risqué. Sur le terrain, les témoignages convergent : les rendements sont devenus imprévisibles, fragilisant les revenus des exploitants.
« Les producteurs ont des difficultés à faire face aux changements climatiques. Il fallait trouver une solution durable », explique Mme Bèdré Pidenam Valérie, analyste à l’ATA.
C’est ainsi que l’assurance agricole indicielle a été introduite dans les ZAAP, avec une approche innovante basée sur l’analyse satellitaire et les données climatiques, afin de protéger les investissements et stabiliser les revenus.
Au départ, la démarche n’a pas convaincu tout le monde. « Ajouter les frais d’assurance à nos charges était difficile à accepter », a confié Aholou Abra, présidente de la ZAAP d’Anyron.
Mais les événements climatiques de la campagne 2025 ont changé la perception des producteurs.
Les premières indemnisations ont dissipé les doutes. « Je n’ai jamais vu cela de toute mon existence ! Cette indemnisation va nous aider à relancer la nouvelle campagne », a témoigné Afandolo Etchao, producteur à Akodesséwa.
Même satisfaction du côté de Tossou Yawo à Gamé : « Nous pensions que c’était inutile… aujourd’hui nous sommes en joie ».
Pour certains, ces compensations vont bien au-delà d’un simple appui financier. Elles permettent de relancer les activités, de rembourser des dettes et surtout de garder espoir.

« J’avais dépensé 250.000 FCFA sans rien récolter. Grâce à l’assurance, je peux recommencer », raconte Dodounou Blewussi.
Au-delà des producteurs, l’assurance agricole joue un rôle stratégique dans l’écosystème.
« Elle permet de rassurer les agrégateurs et les bailleurs. Même en cas de sinistre, les engagements peuvent être honorés », a souligné Mouzou Meheza, ingénieur agroéconomiste à l’ATA.
Dans le modèle d’agriculture contractuelle promu, les producteurs bénéficient d’intrants et de financements en début de campagne, remboursables après récolte. Mais face aux aléas climatiques, l’assurance apparaît comme un levier essentiel pour sécuriser les investissements et faciliter l’accès au crédit.
Malgré ces avancées, des préoccupations subsistent, notamment sur le coût des primes, la compréhension du mécanisme et la couverture partielle des pertes. « L’assurance ne couvre pas toujours la totalité des pertes, mais elle évite aux producteurs de repartir de zéro », a précisé Ayiga Assou, analyste à l’ATA.
Pour les acteurs, la sensibilisation reste donc indispensable afin d’élargir l’adhésion.
« C’est un mécanisme inédit où chaque acteur apporte sa valeur pour protéger les agriculteurs et améliorer leurs revenus », a estimé David Akwei, directeur général de LORICA Assurance.
Depuis 2022, l’assurance agricole s’impose progressivement comme une réalité au Togo. Accessible via les coopératives ou individuellement, elle s’accompagne de conseils techniques et d’un suivi rapproché.
Sur le terrain, l’engouement est désormais palpable. Les producteurs eux-mêmes deviennent des relais de sensibilisation.
« Nous allons encourager ceux qui ne sont pas encore inscrits », a rassuré Gboada Komi, secrétaire de la ZAAP de Gamé.
Entre scepticisme initial et satisfaction actuelle, l’expérience des ZAAP d’Anyron, d’Akodesséwa et de Gamé illustre une évolution majeure : face aux défis climatiques, l’assurance agricole s’impose désormais comme un outil indispensable pour une agriculture plus résiliente et durable. FIN
Bernadette AYIBE





