Une quarantaine de journalistes et communicateurs ont entamé mercredi 26 août 2026 à Lomé un atelier visant à les outiller davantage pour la vulgarisation de l’Accord relatif à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (BBNJ en anglais).
Organisé par le Haut Conseil pour la mer (HCM), avec l’appui de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), cet atelier de deux jours s’inscrit dans le cadre du West Africa Sustainable Ocean Programme (Wasop-3), financé par l’Union européenne (UE) à travers sa stratégie Global Gateway.
L’Accord BBNJ (pour Biodiversity Beyond National Jurisdiction) est un traité international historique de l’ONU adopté en 2023 et entré en vigueur le 17 janvier 2026. Le Togo qui a signé cet accord en septembre 2023, poursuit son processus de ratification.
Il vise à assurer la protection et l’utilisation durable de la biodiversité marine en haute mer et dans les fonds marins internationaux. Le traité repose sur quatre piliers essentiels : le partage équitable des avantages issus des ressources génétiques marines, la création d’outils de gestion par zone, incluant des aires marines protégées, la réalisation d’études d’impact environnemental et le renforcement des capacités et le transfert de technologies marines.
Selon le Dr Laré Penn, chef de cabinet du HCM, l’objectif de l’atelier est d’amener les journalistes à maîtriser ces concepts complexes, afin d’informer avec précision et de rapprocher ces enjeux scientifiques des préoccupations quotidiennes des citoyens.
« Entre la complexité des normes internationales et leur compréhension par les populations se situe une fonction essentielle, celle de l’information et de la communication », a-t-il expliqué, soulignant ainsi le rôle des médias dans la vulgarisation de ces enjeux.
« Les médias constituent un espace de médiation entre les institutions, les scientifiques et les populations qui, somme toute, sont bénéficiaires », a-t-il ajouté, soulignant qu’ils peuvent notamment donner la parole aux chercheurs, aux pêcheurs, aux communautés côtières, aux femmes engagées dans la transformation des produits halieutiques et aux acteurs économiques.
« Une information rigoureuse, contextualisée et accessible peut favoriser la compréhension des politiques publiques, éclairer le débat citoyen et renforcer l’adhésion aux objectifs de protection de l’environnement », a-t-il poursuivi.
Notons que la même formation a également été organisée au profit des acteurs de l’administration et des collectivités locales.
Trois ans après la signature de l’Accord, le projet de loi autorisant le Togo à ratifier le traité a été adopté mardi par le Parlement. Le processus devrait être bouclé avec la promulgation de la loi par le président du Conseil Faure Gnassingbé.
Selon le coordonnateur régional du Wasop-3, M. Batieno, le Togo bénéficiera de l’accompagnement du programme dans la suite du processus.
« Il s’agit de voir au plan national, les mécanismes pouvant permettre de domestiquer le traité, cela passe par la mise à jour des lois et les aligner avec le traité pour une pleine mise en œuvre, afin d’éviter les contradictions », a indiqué M. Batieno.
Au total 90 pays ont déjà ratifié l’Accord BBNJ, y compris des pays africains comme la Mauritanie, la Sierra Léone, la Côte d’Ivoire, le Sénégal. Beaucoup d’autres pays sont en phase de concertation au niveau de leur Parlement, a-t-il rappelé. FIN
Ambroisine MEMEDE





