La multitude de chocs climatiques à laquelle fait face la planète impacte négativement la santé publique, appelant à passer de la réaction à l’anticipation, une posture qui se révèle aujourd’hui comme un impératif.
C’est tout le sens de l’initiative mondiale Alerte précoce pour tous (Early Warnings for All – EW4All), lancée en 2022 par le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, avec pour ambition de protéger chaque habitant de la planète d’ici la fin de l’année 2027.
Au-delà des mesures météorologiques et des annonces techniques, cette initiative s’incarne directement sur le terrain sanitaire.
Lors du Forum africain sur les alertes précoces tenu du 2 au 4 septembre 2026 à Addis-Abeba, experts humanitaires et spécialistes de l’enfance ont mis en lumière deux piliers essentiels : « l’inclusion absolue des plus vulnérables et la construction d’infrastructures de santé durables ».
Pour que le système fonctionne, la chaîne d’alerte repose sur quatre axes indissociables : la connaissance des risques, la surveillance et la prévision, la diffusion des messages, et enfin la capacité de réaction des populations. Si un seul de ces maillons est défaillant, l’ensemble du dispositif s’effondre.
L’inclusion, un axe important
Selon Dr Galine Yanon (Conseiller principal sur les questions de résilience et de fragilité à l’UNICEF), l’enjeu majeur réside dans la capacité à toucher le « dernier kilomètre ».
« À l’UNICEF, ce que nous comprenons par dernier kilomètre, ou plutôt par dernier mètre, c’est l’enfant. La question fondamentale que nous devons nous poser est de savoir si cet enfant, qu’il vive en milieu urbain informel ou dans une communauté rurale isolée, est concrètement protégé contre le choc climatique qui s’annonce », a expliqué Dr Yanon.
Pour le spécialiste de l’UNICEF, transmettre l’information ne suffit pas. Il faut garantir une approche inclusive où les communautés, les jeunes et les enfants disposent des moyens et des capacités de mettre en œuvre les consignes de sécurité. « L’anticipation sanitaire passe par une préparation active face aux vagues de chaleur, aux inondations ou à la propagation de maladies vectorielles telles que la dengue ou le paludisme », a dit Dr Galine.
Les chiffres du Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR) confirment cette réalité, révélant que la mortalité liée aux catastrophes dans les pays dotés de systèmes d’alerte précoce multirisques est près de six fois inférieure à celle des zones dépourvues de tels dispositifs.
Assurer la continuité des soins lors d’une crise exige également des infrastructures sanitaires durables, capables de résister aux intempéries et de continuer à fonctionner au moment où les besoins médicaux explosent.
Associer la construction de bâtiments de santé résilients à des réseaux d’alerte communautaires constitue la seule voie pour briser l’engrenage des catastrophes récurrentes.
Comme l’ont souligné les intervenants au Forum d’Addis-Abeba, l’alerte précoce n’est plus une simple option technique, mais un investissement sanitaire vital et un droit fondamental pour chaque enfant. FIN
Ambroisine MEMEDE





