En République Démocratique du Congo (RDC), l’entrepreneur Nick Tshikwat transforme la patate douce en farine afin de prolonger sa conservation et de développer de nouveaux produits, à travers son entreprise spécialisée dans la valorisation des productions agricoles locales.
Basé à Lubumbashi, au sud-est du pays, ce congolais de 29 ans a développé un procédé permettant de transformer la patate douce en farine, ensuite utilisée comme matière première dans d’autres produits, notamment des arachides enrobées.
Cette approche constitue l’une des particularités de son entreprise connue sous le nom de « NTM Agri », qui cherche à créer plusieurs niveaux de valeur à partir d’une même production agricole plutôt que de limiter la transformation à un seul produit. « Je me suis demandé : pourquoi ne pas transformer cette production en produits qui peuvent être conservés plus longtemps, transportés plus facilement et vendus sur différents marchés ? », explique Nick dans un entretien accordé à la dpa.
Une gamme issue des productions locales
La réflexion est notamment née des difficultés rencontrées par les producteurs pour conserver leurs récoltes et trouver des débouchés suffisamment rémunérateurs. La patate douce a particulièrement retenu son attention, une partie de la production pouvant être perdue lorsqu’elle n’est pas rapidement consommée ou transformée.
Pour l’entrepreneur, la transformation permet ainsi de réduire les pertes tout en donnant aux produits agricoles locaux une valeur commerciale supplémentaire. Son entreprise transforme différentes matières premières produites localement. Sa gamme comprend notamment des farines d’igname, de manioc, de patate douce, de soja et de maïs.
Avec « NTM Agri », l’entrepreneur veut répondre à plusieurs enjeux à la fois, notamment la réduction des pertes agricoles, la création de produits locaux et la diminution de la dépendance à certaines importations. «Lorsqu’une matière première quitte la ferme sans être suffisamment transformée, conditionnée ou valorisée, une grande partie de son potentiel économique reste inexploité », estime-t-il.
S’imposer au-delà des frontières
L’entreprise a déjà commencé à commercialiser ses produits et à constituer sa clientèle, mais elle reste dans une phase de développement. Elle a notamment bénéficié d’un appui financier dans le cadre d’un programme lié à la Banque mondiale.
« NTM Agri » recherche désormais des financements, des équipements, des compétences techniques et des partenariats afin d’augmenter ses capacités de production, d’améliorer son conditionnement et de renforcer sa distribution.
Son ambition est de devenir une entreprise agroalimentaire de référence dans la valorisation des productions locales en RDC, avant de s’étendre à d’autres marchés africains. Nick veut également faire de cette activité un moyen de changer le regard porté sur les produits agricoles africains.
« Un produit local ne doit pas être considéré comme inférieur à un produit importé », affirme-t-il, plaidant pour le développement de marques africaines capables de proposer des produits de qualité et de s’imposer au-delà des frontières.
Par Marwa Dellagi





