L’Association Chaîne Assistance pour la Création de la Richesse (CACR) a lancé à Kara (environ 420 km au nord de Lomé), un projet national de reboisement axé sur le karité et le néré, avec pour objectif de restaurer le couvert végétal tout en renforçant les opportunités économiques des communautés locales.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la dégradation des ressources naturelles et les effets croissants des changements climatiques.
A l’instar de plusieurs pays de la sous-région, le Togo est confronté à la déforestation, à l’appauvrissement des sols, à l’érosion et à une pression croissante sur les terres. Ces défis ont un impact direct sur la production agricole, la sécurité alimentaire et les conditions de vie des ménages ruraux.
C’est dans ce contexte que la CACR a mis en place le Projet national de reboisement des espèces locales de karité et de néré, officiellement lancé il y a quelques jours à Kara.
Pour le président de l’association, Bagouna Koumira, ce projet propose une nouvelle approche du reboisement en associant la préservation de l’environnement à la création de richesses.
« Aujourd’hui, le reboisement peut se faire autrement. Il faut protéger l’environnement en plantant des espèces qui ont une valeur économique. À travers la filière karité, nous espérons contribuer à l’augmentation des exportations du Togo », a-t-il expliqué.
Même vision du côté de la cheffe du projet Karité-Néré, Matitoma Mananamèssè Aniteou, qui souligne les nombreuses opportunités qu’offrent ces deux espèces aux communautés locales.
« Ce projet vise à accompagner les populations dans la transformation et la consommation des produits locaux. Le beurre de karité est déjà transformé par les femmes, tandis que le néré sert à produire le +zoumbala+, un condiment largement consommé dans nos ménages », a-t-elle indiqué.
Après la cérémonie de lancement, les participants sont passés à la phase pratique avec une première opération de plantation sur les versants du barrage de la Kozah, en présence des membres de la CACR et des autorités locales.
Le choix du karité et du néré n’est pas anodin. Ces espèces locales sont reconnues pour leur résistance à la sécheresse, leur capacité à restaurer les sols et à lutter contre l’érosion.
Elles constituent également une source importante de revenus grâce à leurs nombreuses utilisations dans les secteurs agroalimentaire, cosmétique et commercial.
Au-delà de la préfecture de la Kozah, la campagne de reboisement sera progressivement étendue aux préfectures de la Binah, de Dankpen et de Doufelgou, avec l’objectif de renforcer la résilience des écosystèmes tout en créant de nouvelles opportunités économiques pour les jeunes et les femmes. FIN
Bernadette AYIBE





