Présente au Festival inter-régional du fonio (FESTIFONIO-1) tenu du 23 au 25 avril 2026 Lomé, Estelle Bayala, représentante du projet « Fonio Force« basé à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso, revient sur les ambitions de son initiative : moderniser la production, transformer davantage et repositionner le fonio comme une céréale de premier plan en Afrique de l’Ouest.
Agro Climatique : Présentez-nous le projet « Fonio Force« et ses principales actions ?
Estelle Bayala : Au sein du projet « Fonio Force« , nous faisons la promotion du fonio, notamment d’une variété améliorée appelée CVF 109, qu’on connaît aussi comme la variété de trois mois. À côté, il existe la variété traditionnelle de quatre mois. Mais notre objectif est de redynamiser tout le secteur.
Pendant longtemps, les producteurs travaillent sans véritable distinction variétale. Aujourd’hui, nous introduisons la CVF 109, une variété à fort rendement, et nous encourageons également les techniques modernes comme le semis en ligne.
Vous intervenez aussi dans la transformation du fonio ?
Absolument. Nous accompagnons les entreprises transformatrices qui travaillent à rendre le fonio plus pur et plus accessible. Au Burkina Faso, nous disposons aujourd’hui d’un fonio 100% propre, sans impuretés ni sable.
Cela ouvre la voie à une transformation diversifiée : farine de fonio, biscuits, et même des mets traditionnels comme le «djuka», que nous faisons découvrir au grand public.
Nous produisons aussi des grumeaux pour la bouillie, du couscous à base de fonio, y compris une version instantanée qui peut être simplement humidifiée avant consommation.
On découvre que le fonio est utilisé bien au-delà des plats traditionnels…
Oui, et c’est très important pour nous. La farine de fonio permet aujourd’hui de faire du pain, de la pâtisserie et bien d’autres recettes. Même sans gluten, elle possède une très bonne élasticité.
Notre ambition est claire : faire connaître le fonio sous toutes ses formes. Trop souvent, il reste cantonné à une image traditionnelle, presque «vieillotte». Nous voulons le moderniser, le dépoussiérer et le faire entrer dans les habitudes alimentaires quotidiennes.
Quel est le sens de votre présence à Lomé pour FESTIFONIO-1 ?
Être ici à Lomé est une véritable aubaine. Ce festival inter-régional rassemble les principaux acteurs du secteur. Il était important pour nous de ne pas rester en marge.
C’est une occasion unique de faire découvrir le savoir-faire burkinabè, mais aussi de découvrir celui des autres pays. Nous sommes très heureux d’échanger avec les acteurs togolais et d’autres pays. D’ailleurs, nous sommes impressionnés par le fonio que nous découvrons ici. Nous avons beaucoup de points communs, des racines et des traditions partagées.
Quels sont les principaux défis liés au fonio aujourd’hui ?
Le défi majeur, au Burkina Faso comme au Togo, reste la faible consommation du fonio. Pourtant, c’est une céréale très riche et très bénéfique.
Aujourd’hui, elle est encore consommée surtout lors des cérémonies ou des occasions particulières. Nous devons donc travailler à l’introduire dans les repas quotidiens, dans les foyers, dans les habitudes alimentaires.
Un mot de fin sur votre participation au festival ?
Nous remercions sincèrement les organisateurs. C’est une idée remarquable d’avoir initié ce festival inter-régional du fonio. Pour nous, participer est un honneur. Nous sommes convaincus que ce festival va renforcer la valorisation du fonio et encourager davantage sa consommation. Le peuple togolais, comme les autres peuples présents, a tout à gagner à redécouvrir cette céréale exceptionnelle. FIN
Propos recueillis par Bernadette AYIBE





