Face aux anomalies climatiques observées à la fin de l’année 2025, le ministère de l’Environnement, en collaboration avec les enseignants-chercheurs de l’Université de Lomé et des professionnels du climat, a co-organisé, ce mardi 10 février 2026 à Lomé, une conférence publique dédiée à la compréhension de ce phénomène inédit.
Placée sous le thème : « Causes probables de l’anomalie de l’harmattan observée en fin d’année 2025 et tendance chaude attendue pour 2026 », la rencontre vise à renforcer la veille climatique, améliorer la communication scientifique et préparer les populations à mieux faire face aux effets de la variabilité et du changement climatique, notamment dans les secteurs sensibles comme l’agriculture.
Elle vise également à éclairer le public sur les perturbations climatiques récentes et à renforcer la prévention face à leurs impacts.
Selon les données présentées, les années 2023, 2024 et 2025 figurent parmi les plus chaudes jamais enregistrées, avec une hausse moyenne des températures de +1,48°C par rapport à l’ère préindustrielle. À l’échelle mondiale, la période 2015-2025 constitue la décennie la plus chaude jamais observée.
Pour le Dr Komlan Edou (responsable de la cellule nationale de veille climatique), cette conférence s’imposait au regard des perturbations constatées durant l’harmattan, notamment en décembre 2025 et janvier 2026.
« Nous avons observé des ruptures inhabituelles dans le déroulement normal de l’harmattan et de la mousson. Ces phénomènes interpellent la recherche scientifique et exigent des réponses claires pour orienter les décisions publiques », a-t-il expliqué.

Les experts ont analysé l’évolution des paramètres climatiques sur les trois dernières années, en particulier les températures, les pluies et l’humidité, tout en les comparant aux données historiques depuis les années 1980.
Objectif : faire la part entre variabilité naturelle, dérèglement et changement climatique, des notions encore sources de confusion.
Bien que le Togo ne représente que 0,007% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, le pays subit de plein fouet les effets du réchauffement climatique. « Nos émissions sont faibles, mais nos vulnérabilités sont élevées », a rappelé Dr Komlan Edou, soulignant les impacts déjà visibles sur l’agriculture pluviale, la santé publique et les écosystèmes.
— La « mobilisation collective » —
De son côté, Dr Pyabalo Nabede (directeur de cabinet du ministère de l’Environnement), a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective.
« Le changement climatique est avant tout une question de développement, de justice sociale et de sécurité humaine. L’action de l’État est essentielle, mais elle ne suffira pas sans l’implication de tous », a-t-il déclaré, évoquant les réformes engagées par le gouvernement, notamment la création d’un ministère dédié et le renforcement des systèmes d’alerte précoce.
Pour l’Université de Lomé, partenaire clé de cette initiative, la conférence s’inscrit pleinement dans sa mission.
« Ce phénomène a été observé par tous. Il était donc important que la communauté scientifique apporte des éléments de compréhension et d’explication aux populations », a souligné Prof. Guillaume Koffivi Ketoh (directeur du département de Biologie animale).

Les discussions porteront notamment sur les impacts des anomalies climatiques sur la santé, l’agriculture, l’eau, l’environnement, l’énergie et les activités économiques, ainsi que sur les mesures d’adaptation et de prévention à adopter.
À l’issue des échanges, les organisateurs espèrent formuler des recommandations concrètes pour renforcer l’adaptation, prévenir les risques climatiques et mobiliser les financements nécessaires. Un pas de plus vers un Togo plus résilient face aux défis climatiques.
Le gouvernement togolais, à travers cette initiative, entend renforcer la veille climatique, améliorer la communication scientifique et outiller les populations face aux effets croissants du changement climatique. FIN
Bernadette AYIBE





