Semer les graines du changement pour renforcer la santé des sols et la résilience des systèmes alimentaires en Afrique

Nous avons lancé il y a quelques semaines la plateforme régionale africaine pour les engrais et la santé des sols, une initiative novatrice visant à renforcer la productivité agricole et la sécurité alimentaire tout en relevant les défis climatiques.

 

Financée par la Banque mondiale à hauteur de 10 millions de dollars pour les cinq prochaines années, dans le cadre du projet d’accélération de l’impact de la recherche climatique du CGIAR pour l’Afrique (AICCRA), elle vise à mettre en œuvre et coordonner les programmes sous-régionaux de suivi de la santé et de la fertilité des sols en Afrique.

 

Les défis en matière de productivité agricole, notamment le changement climatique, constituent de sérieuses menaces pour les moyens de subsistance et le bien-être de millions de personnes à travers l’Afrique. L’une des principales causes de cette situation tient à la santé et à la fertilité des terres sur le continent. Les deux tiers des terres arables sont considérés comme dégradés, ce qui entraîne de faibles rendements agricoles et pastoraux, la pauvreté et un déclin des ressources naturelles.

 

Le taux moyen d’épandage d’engrais en Afrique subsaharienne est de 22 kg par hectare, alors qu’il est en moyenne sept fois plus élevé dans le reste du monde (146 kg par hectare), tandis que la flambée des prix des engrais et leur forte volatilité viennent encore réduire leur utilisation.

 

De plus, les engrais utilisés ne sont pas toujours adaptés aux besoins des sols et des cultures, ou peuvent être de mauvaise qualité. Par ailleurs, les intrants complémentaires et les services de conseil font généralement défaut, et en résultent une faible efficacité et parfois même une dégradation accrue des sols à long terme.

 

Développer la santé des sols et la résilience des systèmes

 

La gestion intégrée de la fertilité des sols constitue une réponse essentielle, elle implique l’utilisation de doses plus importantes et de meilleurs mélanges d’engrais inorganiques et organiques, ainsi que la mise en œuvre de pratiques agronomiques durables.

 

En s’attaquant aux problèmes de la mauvaise santé et de la faible fertilité des sols, l’Afrique peut accomplir d’importants progrès en matière d’élimination de la pauvreté et de garantie d’un avenir durable aux générations à venir. Récemment lancé par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Centre des engrais et de la santé des sols pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel est soutenu par la Banque mondiale ainsi que par un consortium d’institutions et d’acteurs essentiels pour le secteur.

 

Cet effort concerté pour améliorer la santé des sols et les pratiques agricoles, mettra à profit les atouts de chaque partenaire pour générer des gains agronomiques et soutenir des pratiques agricoles durables en mettant l’accent sur le partage de l’information, la gestion des connaissances, le renforcement des capacités, les recommandations agronomiques, l’appui aux politiques, le plaidoyer et la mobilisation des ressources.

 

D’autres initiatives soutenues par la Banque mondiale, telles que les Programmes de résilience des systèmes alimentaires en Afrique de l’Ouest et de l’Est (en anglais, FSRP), fournissent des engrais essentiels à des centaines de milliers d’agriculteurs de la région, conçoivent et mettent en œuvre des projets pilotes afin de réorienter les programmes de soutien aux engrais et réalisent des travaux d’analyse sur les examens des dépenses publiques.

 

Il est indispensable de mettre en œuvre des mesures immédiates autour des quatre axes suivants afin de renforcer encore la santé des sols en Afrique :

 

1-Améliorer les politiques publiques et les programmes d’appui pour mieux cibler les faibles dépenses publiques. Les subventions aux engrais dans les pays africains peuvent être réorientées pour soutenir une utilisation plus équilibrée et plus précise des engrais, mobiliser la participation du secteur privé et rendre l’aide plus ciblée et orientée vers des pratiques de gestion intégrée de la fertilité des sols.

 

2-Améliorer l’accès aux engrais organiques et minéraux. L’amélioration du commerce intérieur et la levée des obstacles logistiques permettra d’y parvenir, en répondant aux besoins de financement des fabricants, des négociants et des importateurs, en améliorant l’accès des agriculteurs au crédit pour les intrants et en développant les réseaux de distribution d’engrais pour pallier la disponibilité limitée d’engrais sur les marchés locaux.

 

3-Utiliser plus efficacement et plus durablement les engrais organiques et minéraux. À cette fin, il convient de fournir aux agriculteurs de meilleures connaissances sur les sols, d’appliquer les « 4B » (à savoir la bonne provenance, la bonne dose, au bon moment et au bon endroit) et de formuler des recommandations en matière d’utilisation des engrais, associées à des incitations adaptées qui n’encouragent pas un usage excessif. En outre, des efforts doivent être déployés pour maximiser l’utilisation des technologies de cartographie des sols et de télédétection afin de déterminer l’état de santé des sols et les voies menant à des améliorations durables de leur santé. Il convient aussi d’améliorer l’accès des agriculteurs aux services d’appui et de conseil.

 

4-Renforcer les capacités institutionnelles et humaines, notamment par l’investissement dans la recherche et le développement, ainsi que dans les systèmes d’innovation pour accroître la production par kilogramme d’engrais. Il s’agit notamment des connaissances nécessaires pour s’assurer que les engrais et les quantités les mieux adaptés soient appliqués aux différentes cultures ; du déploiement de technologies d’agriculture de précision ; de l’utilisation de la fertirrigation ; d’associer les engrais minéraux à des biofertilisants et des cultures fixatrices d’azote ; et de l’identification et l’investissement continus dans l’innovation.

Ces efforts sont essentiels à la réalisation de la vision d’une planète durable où la santé des sols est une priorité, la sécurité alimentaire est assurée, le changement climatique est pris en compte et la pauvreté éradiquée dans toute l’Afrique.

 

Source : Banque mondiale

Partager ce poste :

Articles Récents

Abonnez-vous à notre newsletter

Recevez directement l’essentiel de l’info dans votre boîte mail